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A 4 dans un rickshaw...

Ou les tribulations des papy-boomers en Inde.
Itinéraire du 5 au 27 décembre 2005
modifié le jeudi 1er juin 2006, première publication le samedi 28 janvier 2006 par Chô

Depuis le temps qu’on leur en parlait : "l’Inde, c’est fabuleux, je suis sûre que cela vous plaira, mais si... n’hésitez plus, les indiens sont accueillants, vous y verrez des temples magnifiques, une culture surprenante et attachante etc..."
Ils nous ont pris au mot, ont dit banco et les voilà atterrissant dans la nuit tiède, un peu harassés par les heures de vol et ahuris devant toute cette foule qui les "attend".

Dany et Michel (parents de Franck) nous rejoignent pour 3 semaines. On leur a concocté un itinéraire axé sur le Kerala. Enfin, ça, c’était l’idée de départ puisqu’on a tenu à y rajouter Pondichéry (pour leur montrer où nous allions résider), Ooty (pour l’air frais et les paysages de montagne) Madurai (pour son temple), Mysore (pour les 70 000 loupiottes du palais du Maradjah).
Après des ajustements temporels, des suppressions intempestives de sites prévus et des heures de déchiffrage des horaires de train, voilà notre itinéraire bouclé.
Bouclé mais pas encore booké pour les trajets (train, bus...), pour les hôtels on avisera sur place, l’itinéraire tient du marathon, mais on va essayer de s’y tenir :

l'itinéraire 5 décembre : Chennai, acclimatation, visite des principaux sites en bus avec l’office du tourisme.
6 et 7 décembre : Mamallapuram, sa plage, son temple et ses tailleurs de pierres.
8, 9 et 10 décembre : Pondichéry, le bord de mer, les moult églises et cathédrales et un récital de flamenco.
11 et 12 décembre : Mysore, le palais du Maradjah et Chamundi Hill.
13, 14 et 15 décembre : Ooty, ses vertes collines, la fraîcheur, le train touristique.
16 et 17 décembre : Madurai, le plus gigantesque et le plus beau temple du Sud de l’Inde.
18 et 19 décembre : Varkala, la falaise, la mer chaude, les poissons et les touristes...
20 décembre : Les back-waters
21 et 22 décembre : Fort-Cochin, "le" spectacle de Katakali 23, 24, 25 décembre : Mangalore, ses commerces et son animation, le réveillon.
26, 27 décembre : Retour sur Chennai, dernières emplettes et départ.
 
l'arrivée au Broadlands Donc, reprenons. Atterrissage à Chennai, retour à l’hôtel dans la nuit avec un chauffeur de taxi endormi mais les gérants du Broad Lands bien réveillés, registres ouverts et stylos au garde à vous.
Concernant l’hébergement,on ne gagne pas à tous les coups, mais presque...
Dans le choix d’un hôtel, il n’y a pas que le facteur propreté à prendre en compte, il y a aussi l’emplacement de la chambre qui détermine le bruit qu’il y fera.
Forcément, des fois, on rate une composante !
Les prix se sont échelonnés de 170 roupies [1] (Pondichery) à 392 roupies (Mangalore) avec une moyenne de 250 roupies par nuit durant les 3 semaines. A ces prix-là ça peut être bien (New College House à Madurai), voire même parfait (Starry Sky à Mammallapuram) mais aussi pas vraiment nickel (Green Valley à Ooty) ou franchement crade (Calinga à Mysore).
 

Pour être tout de suite dans le bain, nous aimons bien "faire" les tours organisés par les offices du tourisme des villes ou des états que nous traversons. C’est souvent assez saugrenu : ballades en car avec des commentaires à l’arrache dans un anglais inaudible, visites de musées fermés et de sites en réparation voire en construction, temps de visite réduits pour les sites et temps à rallonge pour les boutiques de soie et de souvenirs. Avec Dany et Michel, nous avons faits ceux de Chennai et de Pondichery, fidèles à leur réputation, c’est une bonne première approche de "l’indian style"...

le train arrêté en campagne Une autre façon de se plonger dans l’Inde est de prendre le train et c’est ce que nous avons fait. Entre le temps passé à la réservation, l’attente dans les gares et la durée du voyage (à 50 km à l’heure), cela permet d’ouvrir grand les yeux et de se faire son idée.
Bien sûr, il ne faut pas craindre le mal de mer (!). Une nuit dans le Combatoire/Madurai, un antique train circulant sur une antique voie, l’impression de passer des heures sur un tas de cailloux en marche, une arrivée au petit matin le dos cassé, la tête prête à exploser et on se dit qu’on ne nous y reprendra plus. Paradoxalement, ce petit matin dans la gare de Madurai à attendre que le jour se lève en buvant un tchai est l’un de mes meilleurs souvenirs. J’ai ressenti, à ce moment-là, le plaisir d’être là, tous les quatre, et d’être totalement immergée dans un monde qui m’échappe partiellement et me fascine complétement.
 

Pour les trajets courts, on peut aussi prendre le bus. C’est plus simple, les bus sont nombreux et un peu plus rapides. Il faut juste avoir le coeur bien accroché lors des dépassements, ne pas craindre le bruit des klaxons et de la vidéo du bus, faire pipi rapidement lors des pauses éclairs ou prendre patience une demi-heure pendant le repas du chauffeur alors que l’on est à 10 km de l’arrivée.

ballade dans les rues d'Ooty C’est en prenant le bus pour visiter un musée tribal (tribal research centre) que nous avons vécu un moment très fort à Ooty. Nous avons compris qu’il se passait quelque chose dans un village proche, les passagers nous parlaient d’un festival (lamp festival) et nous invitaient à nous y rendre. Au retour de notre visite très intéressante du musée, nous avons attendu le bus au milieu des champs de thé dans la nuit tombante (moment doux et intense où je me suis sentie aussi bien que dans le petit matin de Madurai). Le premier qui est passé nous a emmenés vers le festival...
Après une route plus que caillouteuse et cahoteuse, nous sommes arrivés en bout de piste dans un village perché au milieu de nulle part ou plutôt dans un somptueux décor naturel. C’était l’effervescence. Sur une place aux allures de théatre antique, une immense sono était installée et diffusait des chants lancinants. Dans les gradins étaient installées des femmes en sari colorés avec de grands foulards blancs qui couvraient leur tête et leurs épaules, formant ainsi un superbe tableau. Et dans la fosse, sous le regard des femmes, des centaines d’hommes, pieds nus, en dhoti blanc, dansaient dans une transe joyeuse et pagailleuse.
 
Les deux temples du village, illuminés par des loupiottes et des guirlandes, avaient une intense activité. Toutes les maisons s’allumaient peu à peu de petites mèches trempées dans de minuscules pots en terre.
Ce fut un moment féérique et magique même si nous n’avons pas compris à quel(s) Dieu(x) s’adressaient les rites exercés. Ce que nous avons remarqué c’est la pleine lune éblouissante ! Nous avons été accueillis avec les honneurs et le sourire. Lors du retour en bus, tous les villages s’illuminaient de petites bougies et nous étions un peu sonnés par ce moment inattendu partagé avec les villageois.

Nous aurons au cours de ce périple emprunté le train, le bus, le taxi, le rickchaw [2] (à quatre) et le bateau... Si, si le bateau.

les pieds dans l'eau à Mamallapuram coucher de soleil sur la mer d'Oman Dans les back-waters, c’est le meilleur moyen de découvrir la beauté des paysages et les villages qui bordent les canaux. Le trajet pour rallier Allepey à Kolam est un peu long (une journée pour parcourir 80 kms) mais on a pris le temps et Michel a surtout pris des photos.
 
la falaise de Varkala L’eau a baigné notre périple, grâce à l’océan Indien à l’est (Pondichery, Mamallapuram) et à la Mer d’Oman à l’ouest (Varkala,Cochin), on s’y est rafraîchi et on s’est mesuré aux vagues. Dans les back-waters, le calme régnait et les filets de pêche étaient nombreux. La pluie nous a aussi accompagnés une dizaine de jours en début de séjour mais on a réussi à passer entre les gouttes !
Cela ne nous a pas empêché de parcourir des kilomètres à la recherche du temple perdu...
 
gopuram du Meenakshi temple à Madurai la bénédiction de l'éléphant Les visites de temples sont souvent des moments importants même si la ferveur des pélerins, la foule qui se presse et les différents rites aperçus nous positionnent en spectateurs ébahis. Le Sri Meenakshi de Madurai est un temple immense, souvent plein à craquer, sombre avec cette odeur caractéristique de vieux beurre et de chauve souris. On est saisis en entrant par l’activité commerçante qui y règne, puis on s’enfonce dans les différentes salles et tout devient plus mystérieux. Nous y avons flané puis nous avons rejoints le Puthu Mandapam, fameux marché des tailleurs situé dans un batiment sombre à colonnades. Le marchandage y est de rigueur, cette activité nous surprend souvent et nous déplaît parfois.
 

Discuter le prix n’est pas ou plus dans nos coutumes. En Europe, les produits sont étiquetés, empaquetés et aseptisés. Sur les marchés indiens , tout peut se discuter, encore faut- il avoir une idée de "la valeur des choses" et ce n’est pas le plus simple...
Il est nécessaire de passer un peu de temps à demander, comparer pour se lancer dans la transaction.

marchand de légumineuses à Cochin A cela s’ajoute la conversion que l’on ne peut s’empêcher de calculer même si elle ne veut plus dire grand chose dans deux mondes économiquement si différents.
Et quand on arrive à un prix en euro, qu’est-ce qu’on en fait ? On le remet en francs ! Et malheur à celui qui tente de passer directement de la roupie au franc c’est l’embrouille assurée. Du coup, les achats deviennent de véritables leçons de calcul, des discussions sans fin et des fous rires garantis. L’important étant, finalement, non pas d’obtenir une ristourne (quoique !) mais de discuter un moment avec le commerçant et de finaliser la transaction par un tchai [3].
 

Si c’est assez facile de marchander en anglais, il existe des situations où il est parfois plus difficile de se faire comprendre.
Je repense à une fin de repas à Varkala, le poisson était parfait, la petite bière bien fraîche, la soirée douce et les moustiques en meeting à la table d’à côté. Il ne restait plus qu’à commander notre petit plaisir du soir : un ginger, lemon, honey, c’est, comme son nom l’indique un mélange de gingembre, citron et miel dans de l’eau chaude et c’est absolument délicieux.
Nous en avions déjà commandé sans aucun problème mais là, la machine s’est enraillée, nous étions pourtant quatre à la prononciation et aux explications.
Tout ce que nous avons pu obtenir, c’est un verre d’eau chaude sucrée et trois petites soucoupes, l’une avec du citron, l’autre avec du gingembre et la dernière avec... de l’ail.
On a beaucoup ri, le serveur aussi quand il a fini par comprendre...

Et voilà, depuis le temps qu’on leur en parlait...
Nous en reparlerons certainement. Nous espérons avoir réussi à communiquer à Dany et Michel, pendant ces 3 semaines, notre passion pour l’Inde.



[1] un euro=53 roupies

[2] Véhicule à 3 roues, de couleur jaune et à capote noire, de type triporteur généralement utilisé pour le transport de passagers

[3] thé au lait et aux épices(cardamone, gigembre,...) trés sucré bu à longueur de journée


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