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Polynésie
Carnet de route

Bibliothèque des îles

modifié le dimanche 27 août 2006, première publication le mardi 4 juillet 2006 par Chô

Les livres

Le titre de cet article est un hommage à la première bibliothèque installée depuis un mois à Moorea . Je ne m’y suis pas encore rendue, je me donne du courage pour les 30 kms en vélo ! Je vous tiens au courant.

John IRVING, Un enfant de la balle.
Roman cyclo-pyramidal


Ma première lecture est un roman qui parle de l’Inde, promis, le prochain sera polynésien.
Est-ce un roman sur l’Inde ou sur le cirque ? Peut-être est-ce un peu la même chose ? On croit que l’on va s’y perdre mais tout y est fluide et devient même limpide.
Le Dr Farrokh Daruwalla, indien émigré au Canada, étranger où qu’il aille, fait de fréquents séjours en Inde et dans le monde du cirque où il prélève le sang des nains (enfin, il essaie) !
Ce n’est qu’une infime partie de l’histoire racontée et c’est une plongée dans l’Inde dont on n’émerge qu’à la fin du roman pour reprendre sa respiration.
 

Celestine HITIURA VAITE, frangipanier.
Roman


On trouve dans ce roman la foule des petites gens de la périphérie de Papeete, l’histoire est centrée sur les relations entre Materena et sa fille Leilani, laquelle est bien décidée à se libérer, et à libérer sa mère par la même occasion, des pesanteurs assez machistes de la vie tahitienne.
Ce roman est le second de la trilogie de Materena, le premier étant l’Arbre à pain, mais il n’est pas nécessaire d’avoir lu le premier pour apprécier le second. Cette histoire de femmes est superbe, écrite dans la langue tahitienne de tous les jours. Un régal, les personnages sont palpables et attachants. On ne voudrait pas que cela s’arrête. Je vais chercher le premier et le troisième volet.
Publié chez Au vent des Iles, maison d’édition tahitienne, si vous ne le trouvez pas, je peux l’expédier.
 

Victor SEGALEN, Les Immémoriaux*.
Epopée ethnologique


Un monde se meurt. Immémoriaux, les Tahitiens ont trahi leurs dieux et leurs coutumes. Le drame se joue au moment de l’arrivée des Européens sur les rives enchantées de la Polynésie, à la fin du XVIIIe siècle. En vain, Paofaï, le dernier païen, partira à la recherche d’une écriture capable de sauvegarder les " mots qui ne doivent pas mourir " et moins de vingt ans suffiront aux Occidentaux pour anéantir une culture restée jusque-là intacte. Ce livre est magnifique, Segalen recrée la belle " société antique et forte ", ses fêtes, son culte du jouir, son alliance heureuse avec la nature.
*Immémorial : Qui est si ancien qu’on n’en sait pas l’origine, qu’il n’en reste aucune mémoire.
 

BAMA, Sangati (L’assemblée).
Roman


Bon d’accord, c’est encore un roman indien et sur l’Inde, il m’a été recommandé par Véronique qui nous a prêté son appartement à Pondichéry.
Je ne l’ai lu qu’une fois arrivée à Moorea, c’est pourquoi il figure dans la bibliothèque des îles et non pas dans Compagnon de voyage.
Bama, Dalit (intouchable), est née en 1958 en pays tamoul, elle met en scène son enfance et le douloureux quotidien des femmes dans un pays où leur vie ne vaut pas grand-chose.
Cela se passe il y a une trentaine d’années mais je ne suis pas sûre que les choses aient énormément changées.
L’écriture est moderne et crue, ces femmes, non seulement ne se font pas de cadeaux entre elles mais ne remettent pas réellement leur sort en question.
Bama parle de la difficulté d’exister des femmes dans un pays régi par le système des castes, elle dénonce sans fléchir avec courage et obstination l’oppression que subissent les femmes appartenant à la communauté des intouchables.
 

Celestine HITIURA VAITE, L’arbre à pain.
La vie, l’amour à la tahitienne.
Roman


Premier tome des "aventures" de Materena, ce roman prend pour fil conducteur l’envie de mariage de Materena suite à une demande du père de ses enfants : Pito.
Bien que la demande ait été faite par un Pito bourré et que Materena ne prenne pas cette demande au sérieux, cela finit par l’obséder.
Elle va, au rythmme des chapitres, se remémorer sa rencontre avec son homme puis se lancer dans "l’organisation" de leur mariage.
C’est la vie tahitienne qui est écrite avec humour et vérité. C’est écrit comme les tahitiens parlent tous les jours, c’est à dire avec des expressions et des tournures imagées qui n’existent nulle part ailleurs.
Publié chez Au vent des Iles, maison d’édition tahitienne, si vous ne le trouvez pas, je peux l’expédier.
 

Anita NAIR, Compartiment pour dames.
Roman


Eh oui, c’est encore un roman indien, j’ai du mal à lire autre chose. Celui-là est passionnant, très bien écrit et très touchant.
Akhila a voué sa vie à sa famille. Un jour, elle décide de partir vers l’extrémité sud de l’Inde, là où se rencontre l’océan Indien, la baie du Bengale et la mer d’Arabie, pour faire le point sur une vie qu’elle a l’impression de n’avoir pas vécue.
Le voyage dans un compartiment pour dames voit se succéder les confidences de ses compagnes de route.Le temps du voyage (une nuit), elles racontent l’histoire de leur vie.
Ce roman parle de destins de femmes, de la place de la femme dans la société indienne et plus largement de l’histoire universelle des femmes. Le thème est passionnant et la narration nous tient en haleine.
 


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