Mercredi 30 septembre
Nous avons quitté Nila Illam, il y a 2 jours après une semaine de fièvre au sens propre comme au sens figuré.
C’était un peu particulier de se préparer au départ sans idée précise d’un retour, j’étais un peu tourneboulée.
Mais la fièvre, la vraie était là aussi puisqu’une vingtaine d’enfants se sont relayés avec de fortes poussées de fièvre, toux, vomissements qui duraient 2, 3 jours.
Nous avons finalement fait des analyses de sang par crainte de la grippe porcine et en fait nous sommes tombés sur la fièvre typhoïde !
Panique à bord vite calmée par un docteur qui ne s’affole pas outre mesure ou alors il a fait un sérieux travail de maîtrise de soi !
Antibiotiques et anti fièvre à gogo, isolement (un leurre à la ferme) pas de douche pendant 10 jours et boire de l’eau chaude ...
Oui, bon d’accord, il y a là un savant mélange de la tradition ( !) et de la science, mais j’ai renoncé à dire quelque chose, plus assez de temps.
Le seul hic, c’est que toujours un peu mauvaise tête, j’avais refusé de me faire vacciner contre la fièvre typhoïde avant de venir en Inde.
Je fais pas la fière mais pour le moment tout va bien !
Durant le week-end, 3 évènements bien sympathiques se sont déroulés.
D’abord, un atelier cerf-volant avec Constance, Mylène et Alexandre, les 2 derniers etant dessinateurs lui dans la BD et elle comme illustratrice de livres pour enfants.
L’idée était de réaliser les cerf-volants de A à Z, d’y faire un dessin et de les faire voler.
Pari réussi, comme les photos et la vidéo le montrent, on a manqué d’un peu de vent ...
Le 2ème fait marquant du week-end était lié à la fête hindoue de Dussehra, cette fête qui dure 3 jours consiste à honorer tous les outils et les ustensiles qui servent à l’activité de chacun.
Il y a d’abord un grand nettoyage puis une cérémonie où l’on décore les outils y compris tracteurs, vélos, livres, cahiers, crayons, ustensiles de cuisine et enfin tout est "pujatisé" et utilisé dans un joyeux brouhaha.
Du coup, en cherchant des infos sur internet, j’ai trouvé ce site que j’ai dévoré et qui m’a beaucoup fait rire, le ton est caustique mais tellement réaliste dans la description de "l’indian way of life" !
Et enfin la petite fête organisée dimanche matin pour notre départ, j’y suis allée de ma larme, j’ai eu et fait plein de bisoux et surtout je n’ai pu échapper au rituel du sari.
Mais ce n’était finalement pas si difficile que ça, d’autant que le ridicule ne tue pas !
Mercredi 23 septembre
Le week-end dernier à Nila Illam, il y a eu "drama", non rassurez vous pas de drame tel que nous l’entendons avec son lot de pleurs et de déchirements.
Le mot "drama" est celui employé pour les représentations théâtrales.
C’était théâtre pour tous les enfants grâce à
Amélie et Clément qui sont venus animer le week-end.
Les enfants divisés en petits groupes ont préparé une petite scénette
où il était question de la tribu des lapins et de celle des singes qui ne s’aimaient pas beaucoup mais qui finissaient par se réconcilier grâce au fou du roi, à la danse et au rire.
Les enfants ont super bien accroché et c’était vraiment sympa mais certainement un peu fatigant pour les 2 animateurs !
Voici quelques photos prises par Amélie et moi.
Vendredi 18 septembre 2009
Je suis bien consciente que mon titre est un brin désabusé et provocateur, mais il ne faut s’y fier qu’à moitié.
Nous avons décidé, il y a quelques mois que nous ne resterions pas au Volontariat, ni en Inde au terme de mon année sabbatique (30 novembre) et que je reprendrais le boulot au 1er décembre.
Le grand saut dans une autre histoire ne sera encore pas pour cette fois, pour de multiples raisons plus ou moins bonnes.
Mais bon , je ne vais pas épiloguer, nous aurons certainement l’occasion d’en parler avec certains d’entre vous.
Je suis à la fois triste de ne pas être parvenue à ce que nous souhaitions, c’est à dire nous installer sur du plus long terme en Inde mais je suis aussi très contente de rentrer !
Ce séjour a été complexe pour moi, réjouissant dans mes contacts avec les enfants, épuisant émotionnellement, fatigant physiquement.
Je me suis parfois sentie dépassée et impuissante mais globalement je pense vraiment que nous avons eu raison de le faire et que les échanges ont été fructueux.
Je pense à l’après des enfants de Nila Illam dans un contexte difficile pour eux, leur adolescence, leurs rêves, leur avenir ...
J’espère revenir voir les enfants, les quitter est un déchirement.
Pour en revenir à mon titre, bien sûr, cet "Et après... ( ?)" est aussi un questionnement plus vaste sur la finalité des choses que nous entreprenons, leur motivation et leur impact.
Je reconnais que je suis un peu brassée par tout ça.
Nous quittons donc l’Inde le 2 octobre, nous passons le mois d’octobre en France, je languis les retrouvailles , la fraîcheur et les couleurs de l’automne...
Puis, je repars seule à Tahiti pour tout le mois de novembre.
Les filles me manquent terriblement, envie de les serrer dans mes bras, de passer des moments avec elles.
Et boulot au 1er décembre.