Novembre 2006
Retour en France. Pascale nous prête sa maison à Coublevie en attendant que l’on trouve quelque chose à louer, je trouve les journées minuscules, j’ai l’impression que la nuit est constamment présente, je me lève, il fait nuit, je pars bosser, il fait nuit, je rentre, il fait nuit ...
Et la journée, je bosse et je ne vois pas le jour !
Depuis plus de 10 ans, j’avais pris le rythme du travail à temps partiel et le retour au temps plein est très dur moralement.
Décembre 2006
Nous nous organisons, reprenons contact avec les amis, récupérons des cartons de ci de là .
Nous partons en quête d’un appartement sur Grenoble, les loyers sont hyper chers, les propositions pas folichonnes mais on y croit.
Les trajets Coublevie-Grenoble me pèsent, le rythme est soutenu et la routine tristoune, des nouvelles d’Esther viennent égayer le quotidien mais amènent un peu de nostalgie...
Janvier 2007

Ça y est, nous avons trouvé un appartement avec des hauts et des bas (aux sens propre et figuré), après quelques hésitations, on s’est décidé, nous emménagerons à la fin du mois.
Comme ultime souvenir de Moorea, j’ai ramené la gale, apparemment et heureusement, pour moi toute seule, je me gratte, donc ...
Depuis notre retour, le froid s’est tenu à distance mais là , la neige est tombée pendant la nuit et sortir au petit matin dans le froid et sous la neige est une drôle de surprise.
Février 2007
Quelques nouvelles du front froid et humide...
Nous voilà installés à Grenoble dans un petit (vraiment petit) appartement tout sympa qui nous plaît bien.
Le boulot occupe une grande partie de notre temps.
Franck s’est installé chez un ancien employeur, il bosse toujours sur la fabrication de sites internet et avec un ami recherche des contrats de ce type, le marché semble un peu bouché malgré les apparences de boom « internitique » !

De mon côté, j’ai repris à plein temps à l’URSSAF où je constate avec un certain désespoir que la Sécurité Sociale part en eau de boudin, que les salariés sont complètement déboussolés et que nous n’allons certainement pas vers des jours meilleurs.
Le nombre de gens partant à la retraite permettra (peut-être) d’éviter les licenciements mais permet surtout de démanteler la protection sociale, de la refiler au privé et aux collectivités territoriales.
Qu’est-ce que j’y peux ? Et qu’est-ce que j’y fais ?
Pas grand chose, sinon tenter de limiter les dégâts humains en étant au plus près des gens qui bossent, j’encadre un groupe de travail en pleine mutation technologique (arrivée des workflow, appauvrissement des activités pour cause de rationalisation et de rentabilité), ce n’est pas tant simple mais passionnant les jours de pêche.
Nous sommes tentés au moins une fois par jour de partir en courant mais ne sommes certainement pas prêts à le faire.
Pourquoi ?
Nous avons assisté à une conférence parlant de la peur enfermant les européens dans une angoisse existentielle qui les empêche d’aller au bout de leurs envies.
Peut-être qu’on est en plein dedans...
Mais ne vous y trompez pas, nous allons bien, sommes contents de retrouver les amis, la family, de nous remettre dans le bain culturel (cinéma, théâtre, conférence...) ce bain même qui nous oppresse et nous freine...
Comme quoi, on n’est pas une contradiction près.
Nous avons de bonnes nouvelles d’Esther et de son adorable petit bouchon (merci internet et Skype), j’ai évidemment la nostalgie et l’envie de passer du temps avec elles, elles envisagent de venir faire un tour en France à la fin de cette année.
Et c’est une bien bonne nouvelle !
Avril 2007
Après être passée par diverses phases plutôt molles et atterrées que douces et amusantes, je ré émerge ...
Je suis en train d’organiser mon futur séjour polynésien, c’est décidé, je pars en vacances à Tahiti rejoindre Esther et Tehei et faire la mamie gâteau (gâteuse !).
Ça me fait un plaisir fou d’écrire cela !
Je pars un mois , de mi-juin à mi-juillet grosso-modo, pour le moment j’ai fait une réservation mais pas encore finalisé l’achat.
Franck reste par là , il vient de terminer une formation et espère bien trouver un stage ou un job « rapidement ».
C’est loin d’être évident pour lui, trop qualifié, trop vieux, trop atypique ...
Et merde, faut pas exagérer non plus, quand je vois les CV arrivés à mon boulot et la prostitution dégoulinante qui s’y affiche, je me dis qu’effectivement ce monde-là , ce n’est pas (plus) pour nous.
Tout y est lisse, aseptisée et policée.
En plus, ça risque de ne pas vraiment s’arranger.
Et pourtant, nous sommes encore là entre 2 tours d’élections présidentielles qui devraient pourtant accélérer notre départ d’ici pour un ailleurs (meilleur ?).
Septembre 2007
Quelques nouvelles, cela ne peut pas faire de mal !!!
Depuis mon retour de Tahiti, j’ai un peu hiberné, faut dire que l’été s’y est bien prêté ...
Mais bon, ce n’est pas une raison.
J’ai eu un peu de mal à réintégrer la métropole et l’URSSAF tout en étant convaincue que je ne pourrais pas vivre en Polynésie, trop dur à assumer pour moi...
Ces 6 semaines avec fille et petite fille ont été compliquées et rayonnantes, compliquées par mon inaptitude à aimer la Polynésie française et par ma relation à Esther qui prend du corps (la relation pas Esther) mais rayonnantes pour le bonheur immense à papouiller et découvrir ce petit bout qu’est Tehei.
A vrai dire, je suis assez désespérée d’être si loin d’elles mais que faire...
Partir ailleurs et espérer que Esther tiendra sa promesse de nous rejoindre " quelque part" avec Tehei...
Pour le moment,nous travaillons tous les deux et cela nous occupe pas mal (comme tous ceux qui travaillent d’ailleurs !)
En ces périodes de travailler plus pour gagner plus, nous sommes en plein dans la ligne du parti, pas forcément pour participer à la croissance française ou au renouveau des vraies valeurs (travail, famille, patrie)...
Mais le résultat est là , on bosse.
L’idée est d’engranger de la monnaie pour notre cagnotte et repartir courant 2008 pour l’Asie et l’Inde.
Partir ...
Nous sommes toujours dans notre projet indien qui de mon côté se teinte d’Asie et de bougeotte avec une date butoir et rêvée en août 2008.
Pour Franck et moi, pouvoir faire du bénévolat sur place, pour Franck bosser à distance en « fri lanse » à la construction de sites mais surtout et encore, se balader, faire des rencontres et prendre notre temps dans ce vaste monde...
Tous ces projets, l’idée de quitter les amis d’ici, de démissionner, de repartir pour l’ailleurs me brassent un peu (c’est un euphémisme !) mais le temps prend son temps et cela permet d’avancer à mon rythme d’où mes périodes d’hibernation.