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Itinéraires indiens

Ecrit en février 2004
modifié le dimanche 23 octobre 2005, première publication le dimanche 23 octobre 2005 par Chô
Voyage à deux en janvier 2004 puis à trois pendant le mois de février 2004.

Nous partons en Inde avec quelques vagues plans, un premier mois dans le Sud et un second dans le Nord, rejoints par notre acolyte préférée Pascale.
Il y a surtout l’idée de retourner en Inde, de s’en imprégner encore un peu,d’ être là.Et aussi l’espoir d’y faire autre chose que du tourisme, y trouver sa place ou au moins une place.

Et nous sommes arrivés...
Madras le 30 décembre dans l’agitation de la ville (6 millions d’habitants). En Inde, tu t’adaptes ou tu t’en vas, nous nous sommes adaptés !
Nous passons un sympathique réveillon, genre auberge espagnole : 13 touristes de nationalités diverses dans un restaurant punjabi puis dans un concert de musique carnatique ( assez envoûtant). Retour dans la nuit et un premier de l’an à répondre à des "happy nouille yeur" indiens fusant de toute part.
Quelques jours plus tard, nous rejoignons Tirupati puis Tirumala, une "colline sacrée" accueillant des milliers de pelerins venus se faire raser la tête pour remercier la divinité de sa bonté, une des divinités les plus moches de l’Inde ( c’est la profane qui est en moi qui s’exprime).
Cela tient de Lourdes et de La Mecque, les indiens en plus.

Puis nous entamons une incursion plus au Sud ( Tamil Nadu).
A Mamalapurham, nous espérons nous baigner, mais nos pieds restent englués dans le pétrole échoué sur la plage et la centrale nucléaire nous fait de l’ombre.
On se rabat sur le festival de danse et les ballades. C’est tranquille et accueillant. Chaque matin, nous trouvons une poignée de fleurs à notre porte.
A Pondichery, nous retrouvons le bord de mer escarpé, les indiennes se baignant en sari, la douceur de la ville et le pain (vestige de la colonisation française).
A Chidambaram, ce sont surtout la saleté et le bruit qui nous accueillent, le Nataraje Temple nous plaît, mais nous fuyons la ville dès le lendemain.
Et c’est à Tanjore, puis à Trichy que le bruit nous obsède et nous fatigue.
La loi du klaxon en Inde est ahurissante, un véhicule klaxonne 10 à 20 fois par kilomètre, ce qui aboutit au chiffre phénoménal de 2000 coups de klaxon pour un trajet de 100 km ! [1]
Alors, quand la ville est saturée par les véhicules ou que l’on se trouve près d’une station de bus, c’est l’enfer !
Mais c’est aussi à Tanjore que nous mangeons des patisseries délicieuses et à Trichy que nous sommes invités dans une famille indienne.
Le 15 janvier se déroulent les festivités de Pongal en hommage à la terre et au soleil pour les récoltes engrangées. La fête est joyeuse et le pongal délicieux.

Puis nous amorçons notre remontée vers le Nord [2].
A Bhopal, nous avons une pensée pour les 16 000 morts et 500 000 personnes touchées par la catastrophe chimique de 1984 (l’usine Union Carbide qui continue à produire et vendre ses pesticides en Inde)

Dans l’immense forteresse de Mandu, le paysage est grandiose et le village paisible.
Et puis, nous commençons à avoir froid ...
A Delhi, Pascale nous rejoint avec quelques 6 heures de retard et après un petit détour par Karachi (Pakistan), brouillard oblige...
Nous remettons nos chaussettes, achetons des pulls et supportons nos 2 couvertures la nuit.
A Orchha, ancienne cité rajpoute aux palais magnifiques, nous visitons les campagnes et constatons l’extrême dénuement des paysans accueillants et souriants. Nous assistons à des mariages où la mariée a rarement l’air réjoui !
Il y aurait beaucoup à dire sur la condition de la femme en Inde, servante de la famille ou travailleuse de force, son rôle est rarement enviable...
A Khajuraho, nous "faisons les touristes" et admirons les fabuleuses sculptures ornant des temples majestueux : dieux, déesses, guerriers, musiciens et surtout les superbes apsaras (jeunes filles célestes) sculptées dans la pierre vieille d’un millénaire. De plus, le caractère érotique de nombreuses représentations permet de réviser son Kamasutra !

Changement de décor à Bénarès, ville sacrée pour les hindoux qui s’étend le long du Gange (fleuve tout aussi sacré).
Venir y mourir interromprait le cycle des réincarnations et apporterait repos éternel et délivrance. Nous logeons près des ghats [3] et nos journées sont rythmées par les chants (toujours les mêmes) des cortèges funéraires qui se rendent à pied sur les berges pour les crémations. Les cendres voire les restes,pour les plus pauvres qui n’ont pas les moyens de payer le bois nécessaire, sont ensuite jetées dans le Gange. En marge de ce rituel il y aussi celui des pélerins qui viennent se baigner chaque jour par centaines pour se purifier.
Si on ajoute à tout cela les égouts de la ville qui finissent dans le Gange, on perd l’envie d’y faire trempette !

Dans l’Orissa, nous retrouvons la chaleur, la mer,les palmiers, le poisson frais...
L’Orissa est un état pauvre, essentiellemnt agricole, soumis aux sécheresses et aux cyclones(cela dépend des saisons), hors des sentiers touristiques occidentaux, mais très prisé par la classe moyenne indienne.
A Puri, nous découvrons des représentations de dieux jamais vues ailleurs, adulées dans des temples interdits aux non hindous.
Hélas, le village de pêcheur tient du bidonville et la plage fait office par endroit de toilettes publiques.
La saleté en Inde est souvent insupportable, au manque de structures adéquates (égouts, ramassage des ordures, réseau d’eau potable) s’ajoute le dramatique problème du plastique utilisé largement depuis quelques années.
Rien n’est prévu pour son recyclage (!?), par endroit ce sont des amas de plastiques qui bouchent les égouts existants ou étouffent les vaches qui s’y attaquent.
Des tentatives et des projets environnementaux apparaissent doucement, mais le plastique, lui continue de tout envahir rapidement.

Notre dernière étape est Calcutta, ancienne capitale politique de l’Inde jusqu’en 1912. Les bâtiments coloniaux sont légion( cour de justice, Victoria Mémorial...)
Si la ville est gigantesque (14 millions d’habitants), ses faubourgs et les pauvres qui les peuplent sont tout aussi nombreux.
Fief de Mère Téresa, les structures d’aide emploient de nombreux bénévoles occidentaux. Et tout ce petit monde cohabite.

Aujourd’hui, dernier jour de notre voyage, c’est la grève générale dans tout le Bengale.
Tout s’est arrêté : transports, commerces, administrations. Les rues se sont transformées en terrains de cricket et chacun marche dans une ville nouvelle, délivrée de ses pollutions. Le motif de cette grève nous restera étranger, les indiens eux-mêmes ne nous en parlent pas.
Arriverons-nous à rejoindre l’aéroport dans un hypothétique taxi maquillé en voiture particulière ? Rien n’est moins sûr...



[1] source Lonely Planet

[2] Trichy-Bhopal, 1826 km, 30 heures de train

[3] escaliers d’accès au fleuve


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