

Franck et Chô nous ont concocté un programme que je comparerai à un cake (une des friandises préférée de Chô !), avec des tranches bien distinctes :
Dans un premier temps, je m’imprègne de tout. Puis je sens la nécessité de retravailler toute cette matière (avec l’aide du décryptage de Franck et Chô et d’explications trouvées dans les guides sur le système des castes entre autres...) pour l’assimiler car elle est trop abrupte, trop incompréhensible à l’état brut.
Voyager en Inde c’est aussi quelque part voyager en soi. Cela touche à notre moi profond, nous renvoie à notre manière de vivre et remet en cause des choses qui nous paraissaient inébranlables, acquises à jamais. Il faut être prêt à l’affronter.
On se sent en sécurité en Inde et je remiserai rapidement ma pochette tour de cou « antivol ». La violence est plus sournoise, on la devine quand par exemple un enfant vient mendier puis reçoit une tape s’il ne ramène pas de pièce...On la devine également dans les échanges unilatéralement violents entre personnes de castes certainement différentes.
L’indien est d’un naturel curieux, ouvert sur l’étranger que nous sommes : « where do you come from ? What’s your name ? » sont des questions que nous entendrons à longueur de journée. L’échange va rarement au-delà pour moi car j’ai une maîtrise très limitée de la langue de Shakespeare, et c’est extrêmement frustrant. Promis, à mon retour, je me mets sérieusement à l’anglais.
On se prend à dodeliner de la tête comme ils le font pour nous saluer. On utilise comme eux les transports en communs (quelle expérience !) et on partage leur cantine, autant de lieux où nous seront souvent les seuls touristes. On apprend à manger avec les doigts des mets goûteux (mais qui nous arracheront parfois la bouche !) et on se sent un peu moins étranger. Un peu seulement, car beaucoup de choses, de comportements nous paraissent incompréhensibles.
Leur nonchalance nous énerve parfois. On ne sait jamais trop s’ils ont bien pris en charge notre demande. La plupart du temps oui, les choses se font, à leur rythme, il faut savoir attendre.
L’Inde est un pays déroutant qui provoque des émotions extrêmes entre dégoût et émerveillement.
On dit que l’Inde est comme un aimant qui repousse ou attire. Je n’ai pas été repoussée...