

7 jours de vacances (enfin presque)
Récit de Franck
Après une journée de farniente à Pondi et une nuit agréablement tiède, nous allons vers 10 h à la gare routière prendre un bus pour Mahabalipuram, station balnéaire située à 100 km vers le Nord.
On aurait souhaité partir plus tôt et ainsi suivre les conseils d’Arnaud (mari de Madeleine, fondatrice du Volontariat) : ne pas sortir entre 11 et 15 h, mais on n ’arrive pas toujours à se lever tôt. Le trajet se déroule tranquillement durant 2 heures, à longer la mer.
On est « dropé » sur la route principale à 1 km de la ville et il est presque 13 h (donc il fait très chaud) mais nous sommes plein de courage et on assure le trajet à pied. On trouve sans difficulté une chambre pour 2 nuits, c’est la basse saison, il n’y a presque personne. Il n’y a presque plus rien d’ouvert non plus : restaurant en travaux, boutiques en reconstruction… Peu importe, on est là pour se reposer.
Après une bonne sieste, en fin d’après-midi, on part se promener sur la plage qui mène au « Shore Temple » temple particulièrement célèbre, et là, surprise la plage a disparue mangée par la mer. Devant les bâtiments les plus proches de ce nouveau rivage, les occupants tentent de stopper l’érosion en parquant des sacs de sable.
De l’autre côté du « Shore Temple », rien n’a changé, ni le rivage, ni les nombreux indiens qui se baignent habillés, font un tour à cheval, mangent une glace et tirent sur des ballons à la carabine.
On trouve toujours les sculpteurs de pierre qui proposent des pièces de quelques centimètres à plusieurs mètres. Il y a toujours cette colline avec ses rathas, mandapam et sculptures dans la roche, mais aussi ces innombrables amoncellements de toute sorte de plastiques.
A bas le plastique !
On passe 2 jours là à flâner et lire avant de repartir jeudi matin vers 10 h (une pensée pour Arnaud) prendre un bus en direction de Kanchipuram, villes de soies et de temples.
Le trajet se fait avec deux bus : une heure jusqu’à Chengalpattu puis une seconde heure jusqu’à destination. Il est 11h30 lorsque nous embarquons dans notre second bus et tandis que nous avançons dans les terres je me rends compte que les champs sont vraiment secs, l’herbe est jaune (à la ferme, toutes les parcelles sont irriguées et les champs sont verdoyants), il n’y a même parfois rien d’autre qu’une terre sableuse.
C’est à ce moment-là que je m’aperçois aussi que l’air est vraiment chaud. Habituellement, lorsque l’on est dans un véhicule, fenêtres ouvertes, on est rafraîchi par l’air qui s’engouffre de l’extérieur. Là, non.
On dirait qu’une main invisible nous braque un sèche-cheveux sur le visage, au point de nous sécher les yeux. Je ne tarde pas à mettre mes lunettes de soleil pour me protéger de l’air chaud et de la poussière.
Chô à déjà ses lunettes sur le nez depuis un bon moment.
On dit qu’il y a trois saisons au Tamil Nadu : « chaud, très chaud et trop chaud ».
Après un parcours dans les faubourgs, nous arrivons enfin à la gare routière de Kanchipuram. Elle est classique : poussière, soleil et klaxons (et pas les klaxons de Mickey comme on les connait), des bons gros klaxons à air comprimé, maintenant interdits en France.
Il y en a des super graves, des super aigus, des « en trémolos et en boucle ». Le fin du fin c’est quand un bus arrive de chaque coté et fait jouer ce puissant organe en même tant que l’autre provoquant un effet stéréoscopique inoubliable, à coller les tympans au fond des chaussures).
Pas facile de s’orienter avec le minuscule plan du guide. On prend une direction au hasard et puis renseignements pris avec quelques passants (il est préférable de recouper les dires) il s’avère qu’il fallait prendre la direction opposée. Vaillant que nous sommes, nous y allons, mais pas d’hôtels en vue. Nous faisons donc un petit break en dégustant un soda bien mérité, il est bientôt 13h00 (re-pensée pour Arnaud).
En reposant la bouteille vide je remarque la rue des hôtels, il suffit de traverser la rue (enfin, le cours voire même l’avenue). Nous nous rendons à l’adresse indiquée « une des rares adresses économiques correctes, où le personnel enjoué fait oublier le cadre morne et défraichi LonelyPlanet ».
J’avance dans un hall sombre ou je devine le bureau de l’accueil et demande s’il y a une chambre pour la nuit, mais l’hôtel est plein. En ressortant, une personne de l’hôtel voisin m’indique avoir une chambre disponible. On monte voir. Il s’agit d’un hôtel au premier étage, constitué d’un large couloir sur la droite et d’une enfilade de chambre sur le coté gauche, le tout dans une lumière bien faible.
On visite la chambre : odeur de moisi, fenêtre qui donne sur un mur situé à moins d’un mètre.
Pas envie.
On tente avec l’adresse qui nous reste, hôtel de catégorie moyenne plus. Les chambres sont nettement plus chères avec taxe de luxe. On visite et même constat : odeur de moisi, fenêtre aveugle.
Pas plus envie.
Dans pas mal de villes indiennes, les hôtels sont tout d’abord destinés à une clientèle nationale qui ne se préoccupe pas des problèmes de bruit, lumière ou tout autre confort visuel. La chambre c’est juste pour y dormir, après on s’en va. Malgré la chaleur et les heures déjà passées dans le bus on décide de partir sur le champ pour Tiruvanammalai, soit encore 3h30 de bus.
On roule, on roule, toujours au milieu de paysages secs et avec ce sèche-cheveux dans le visage.
Lorsque l’on arrive enfin, on n’a même pas de plan pour pour trouver notre lodge. On sait juste qu’elle est à 2 kilomètres au sud (c’est où ?) d’un temple que l’on ne voit même pas. Mais en discutant avec les rickshaws présents, on fini par se faire comprendre et à arriver à destination.
On prend notre chambre et on sort pour boire un coup bien mérité.
Arrrrgh !
Tout est fermé (basse saison !) et on est situé à 2 kilomètres de la ville. Après une douche, on décide de partir en ville en rickshaw dîner et visiter le temple d’Arunachaleswar, vaste de 10 ha.
Bien que ce soit la nuit, la chaleur est étouffante, les pierres qui constituent le pavage du temple sont encore chaudes, tout comme les murs. Il y a même un cheminement piétonnier en toile tissée pour que les déplacements pieds nus soient possibles en journée.
Nous rentrons à notre lodge, aplatis par la chaleur du soir et le bus de la journée. La nuit est peu reposante : même avec le ventilateur à fond et une douche toute les deux heures, la chaleur est trop forte pour trouver le sommeil.
Le lendemain, on n’y tient plus. A 8h30 nous rentrons en taxi à Pondy pour y retrouver un peu de fraîcheur (il y fait moins de 40). Nous retentons de prendre une chambre à la New Guest House et nous en obtenons une (on en était vraiment pas sûrs).
La même chambre que la précédent à l’étage en dessous. Celle-ci s’appelle « Action » !
Des vacances au chaud !
Récit de Chô