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Touriis !

modifié le vendredi 31 mars 2017, première publication le dimanche 19 mars 2017 par Chô & Franck

"L’anthropologie n’est pas un sport dangereux" de Nigel Barley. Petite Bibliothèque Payot Voyageurs

Malgré les 2 extraits un peu rudes qui suivent, ce bouquin est très drôle. C’est une relecture qui colle parfaitement au voyage actuel en pays Toraja puisque ce livre s’y déroule presque entièrement. Il est question de nos façons d’appréhender les autres cultures, de nos à priori et de nos certitudes mises à mal. Le dernier chapitre Match retour, relate la venue à Londres de quelques Torajas pour construire un grenier à riz dans le British Museum.

Extrait p 82
Les touristes sont la face hideuse de chaque peuple. Est-ce que ce sont les pires individus qui font du tourisme ou le statut de touriste fait-il ressortir le pire de l’être humain ? On ne peut s’empêcher de se demander si on est pareil, ou si du moins, les gens du cru nous perçoivent comme tels. Le tourisme transforme les autres en accessoires de théâtre que l’on peut photographier et collectionner.

Extrait p147
De l’extérieur nous parvinrent soudain des beuglements, des espèces d’aboiements de chien. On ouvrit les fenêtres en forme de sabords et on découvrit, en bas, un Chinois corpulent, dans un short immaculé, qui s’époumonnait dans un porte-voix. Le plus impressionnant chez lui, c’était son énorme bedaine qui ressemblait plus à une pièce en option, boulonnée et démontable, qu’à une partie de son individu. Je mis du temps à comprendre qu’il hurlait en français. Derrière lui, une vingtaine de puttypersons traînaient les pieds en se plaignant bruyamment. À l’arrière-garde venaient trois ou quatre Indonésiens qui semblaient souffrir de tics nerveux.
"Wouah ! s’exclama Johannis avec plaisir. Des touristes !"
Ils pénétrèrent dans le village comme une armée d’invasion, mitraillant les gens à bout portant avec leurs appareils photos et s’asseyant dans les greniers à riz sans y être invités - en gardant leurs chaussures. Ils ne cessaient de clamer qu’ils ne s’amusaient pas, qu’ils s’ennuyaient. Les Torajas échangèrent des regards consternés et firent le nécessaire pour leur servir du café. La plupart le refusèrent. Puis on leur propose du riz.
"Nous ne mangeons pas de riz !" cria une femme rougeaude.


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