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Voyage dans le temps

modifié le mardi 28 mars 2006, première publication le mardi 28 mars 2006 par Chô

En Inde, le temps se détend et prend son temps.

En attendant Il faut des années pour pénétrer au coeur de l’Inde, on croit qu’on y est presque et à nouveau la route s’ouvre dégageant de nouvelles voies.
Il faut des mois pour différencier un oui d’un non, pour apprécier la promiscuité et la foule.
Il faut des semaines pour que les affaires se délient, pour que les rendez-vous pris s’accomplissent, pour que les prises de contact deviennent des relations, pour que ce que l’on croyait fixé appelle d’autres reflexions et de nouvelles discussions.
Il faut des jours pour atténuer le bruit qui court en permanence, pour apprendre le jeu du marchandage, pour écumer les restaurants, cantines et roulottes de rue.
Il faut se prendre des heures pour apprécier le temps qui passe, pour flâner les yeux grand ouverts, pour se poser à boire un tchai dans une gargotte de bord de route, pour manger des "masala peanuts" sur la plage, pour contempler le recueillement et l’effervescence des temples.
 

Mais, en Inde également, le temps s’accélère et s’emballe sans que l’on comprenne toujours pourquoi.
Le temps est court pour monter ou descendre du bus quand le chauffeur ne prend pas le temps de s’arrêter complètement !
Parfois aussi, le temps se réveille, le retard pris doit être résorbé et tout doit s’accomplir en même temps ( ce qui permet un joyeux bordel).

Prévoir ne fait pas parti du vocabulaire indien, quand le moment arrive, on agit, avant, on attend.
L’attente s’apprivoise car elle dure longtemps, on ne s’occupe pas en attendant, l’attente est une activité à part entière, elle peut devenir un plaisir si elle est partagée avec des indiens et un enfer si on avait prévu de "passer du temps" à autre chose.

Etre en retard ou en avance est un devoir indien, on est d’ailleurs plus souvent en retard qu’en avance, mais en tout cas rarement à l’heure.
Chaque indien possédant sa propre notion du temps, la mise en commun d’une heure donnée est mission presque impossible.
Ceux qui connaissent mon "inexactitude" se diront peut-être que je suis en territoire ami, sauf qu’ici, je n’ai jamais réussi à être la plus en retard et j’ai donc attendu...

Si une maxime marchande et capitalistique prone que "le temps c’est de l’argent", elle n’est pas (encore) adaptée à l’Inde. Ici le temps est précieux comme l’or, volatile comme un parfum ennivrant, doux comme une caresse, il ne se laisse approcher que pour mieux nous échapper.

Ces quelques digressions sur le temps se veulent simplement le reflet de nos perceptions et de l’amusement des indiens à nous voir parfois si "impatients" !


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